Dossier : Les projets avortés n°2

Ca avait fait l’objet d’un premier dossier (d’excellente qualité d’ailleurs, vous vous devez de le lire) et encore une fois nous revenons sur le charnier qui se cache dans les limbes de l’industrie du jeu-vidéo, ces enfants morts-né qu’on a revé et fantasmé et qu’on ne verra jamais. On est reparti pour un tour morbide, sortez les mouchoirs et accrochez vous à vos restes de bonne humeur ça va être déprimant …

Edge of Twilight (PC/PS3/XBOX360)

Edge of Twilight est pas loin d’être un jeu fantôme, même en cherchant bien il est assez dur de trouver des choses à son sujet et ce va même jusqu’à l’éditeur du projet et son studio de développement. Répondant au nom de FuzzyEyes Studio, la seule chose que j’ai trouvé sur eux est qu’apparemment ils étaient australiens ainsi qu’un jeu du nom de Mega Fast Food … Mais bref passons …

Comme je l’ai dis le mystère est assez complet sur le genre même du jeu, certains parlent d’Action RPG, d’autres annonçaient un Beat’em’all et encore d’autres parlaient d’Action/Aventure (c’est mon impression également). On y incarnait Lex, un chasseur de prime qui semblait doté de deux natures, lesquelles faisaient écho aux deux univers qui cohabitaient dans le jeu : une nature civilisé, à forte tendance steampunk liée à la lumière et une nature tribale et chamanique liée aux ténèbres. Les deux natures pouvant être utilisés, semble t’il à des points différents, chacune ayant son gameplay a elle et ses phases propres (la partie tenébre avait l’air d’avoir de la plateforme, tandis que la lumineuse pas mal de combats assez sanglants)

Mais bien plus que le gameplay qui semblait prometteur c’est l’univers qui captivait dans Edge of Twilight, utilisant un genre très affectionné mais peu utilisé dans le jeu vidéo le jeu nous propulsait dans un cadre steampunk des plus réussi avec un paquet d’engrenages et autres machines à vapeurs, vraisemblablement lié aux phases de gameplay lié à la lumière.

Un petit artwork pour la route

Malheureusement pour une raison beaucoup trop nébuleuse FuzzyEyes fermera ses portes et le jeu rejoindra les limbes des projets avortés que nous pleurons en ce lieu même, reste quelques beaux concepts arts ainsi que cette bande annonce très classe narrée par un mec qui un peu la même voix de Carl Mc Coy.

Voila a quoi était sensé ressembler la jacquette

The Last Guardian  (PS3)

Rien n’est encore sur à 100%, mais l’inévitable est tout de même plus que probable depuis le départ de Fumito Ueda de chez Sony fin 2011. The Last Guardian sera-t-il finalement annulé ?

En effet, déjà auteurs de deux chefs-d’œuvre Ico et Shadow of the Colossus, tout deux sortis sur PS2, il était également en charge de la réalisation de The Last Guardian (et comme on dit : « jamais deux sans trois »). Et pourtant le divorce est bien consommé avec son ex-employeur… Alors certes, Sony a confirmé que le projet n’était pas abandonné, mais on est en mesure de se demander si The Last Guardian finira un jour par sortir (il est quand même dévoilé depuis le 2 septembre 2009 lors du salon de l’E3), et en vaudrait-il la peine après le départ en plein chantier de son maître d’œuvre.

Alors oui, bien qu’il ne fasse plus partie intégrante de la Team Sony, Fumito Ueda est tout de même resté en freelance sur le projet (de son bon vouloir pour finir son jeu, mais toutefois tenu par un contrat le liant à Sony). Mais sa motivation et son enthousiaste n’auront-ils pas été impacté ? Cela en est moins sur.

Comment en sommes-nous arrivé là ? Toute l’histoire reste semble-t-il assez flou. Les quelques rumeurs parlent de désaccords entre Sony et plusieurs personnes de la Team Ico. Ces derniers voulant faire de The Last Guardian une véritable bombe vidéoludique, ils ont pris du temps, beaucoup trop de temps, dans le seul et unique but de peaufiner leur petit bijou, de ne rien laisser au hasard, et de sortir un monument. Mais cette prise de temps va petit à petit agacer Sony, qui se cesse de repousser la date de sortie de The Last Guardian à plusieurs reprises. Fumito et sa team visant la perfection pour leur nouveau jeu, ils ont peut être été trop gourmand et ont voulu mettre la barre trop haute, enfin, selon Shuhei Yoshida, président de Sony Worldwide Studios.

Le clash était inévitable. En plus du départ de Fumito Ueda, on peut aussi souligner celui de Yoshifusa Hayama, le producteur exécutif du projet, en décembre 2011, et plus récemment Kenji Kaido, producteur d’Ico et de Shadow of Colossus, lui aussi sur le projet The Last Guardian

Mais alors que perdons-nous, joueurs, de la non-sortie de ce titre ? Que devait-il proposer ? Cette exclusivité PS3 devait nous faire vivre une véritable émotion au travers d’un petit enfant, seul au milieu d’une grande ville abandonné, accompagné d’une créature imaginaire mi-oiseau mi-hyène, avec laquelle le jeune homme va se lier d’amitié au fil de l’aventure. Au départ, le petit garçon a peur de cette drôle de bestiole, et cherche même à la fuir. Puis, c’est petit à petit qu’il va finir par s’en accommoder et l’apprivoiser. Le jeu devant être axé plateforme, le petit garçon pourra donner des ordres à la bête, certaines tâches ne pouvant être exécutées par ce dernier. Tous deux apprendront à se comprendre par le toucher qui sera leur seul moyen de communication. Un tout petit enfant sans défense et une créature gigantesque aux forces multiples, voilà là un beau duo.

Actuellement, nous n’avons que très peu d’info concernant le jeu. Seul ces 2 trailers témoignent de ce que nous réserve être The Last Guardian :

Trailer de 2009 :

Trailer de 2010 :

En bref, ce qu’il faut retenir, c’est que même si The Last Guardian finit enfin par voir le jour, il n’aura certainement pas la même saveur et la même classe qu’il aurait pu espérer avec Fumito Ueda. Dommage…

Si tout comme moi vous attendiez sa sortie, je vous conseille dans le même esprit et en guise de consolation, l’excellent Majin and the Forsaken Kingdom. (A retrouver en GAME EXPERIENCE sur RNG). C’est toujours ça de pris !

S.T.A.L.K.E.R. 2 – (PC, PS3, Xbox360)

Prévu comme une suite à l’excellent S.T.A.L.K.E.R et probablement l’un des JV au titre le plus chiant à taper sur clavier, ce FPS d’ambiance ukrainien a plus ou moins été développé suite aux trois premiers spin-off de la série (S.T.A.L.K.E.R. Shadows of Chernobyl, Clear Sky et Call of Pripyat).

Pour les retardataires, il s’agit de FPS plutôt couillus, avec une dose de gestion d’inventaire, dans un monde semi-ouvert, une vraie expérience de survie comme on en rencontre plus vraiment. Le tout dans une version vrillée de la Zone interdite autour de la centrale de Tchernobyl, avec ce qu’il faut de créatures mutantes, d’artefacts aux pouvoirs inexpliqués, de décors industriels rouillés et de nuits sombres. Le vrai deuxième épisode de la série s’annonçait comme du « more of the same », et peu de gens s’en plaignaient (pas moi, d’ailleurs !)

C’est donc une lourde perte pour le FPS mais aussi pour le JV en général. Le studio de développement ukrainien, GSC, avait de toute façon toujours eu une méthode de travail et un rapport à leurs éditeurs très chaotiques (plusieurs annulations /démentis), en plus d’une gros potentiel de génie créatif et artistique. De nombreux dév issus de ce studio ont par ailleurs enfanté de projets assez similaires, dont l’excellent Metro 2033.

Il ne reste de ce S.T.A.L.K.E.R. 2 que les quelques artworks qui égayent cette rubrique ainsi que cette vidéo d’animations à la musique dégueulasse. Saluons quand même la réussite de la série, qui aura montré qu’il existe encore un public pour des FPS limite survival horror, plutôt raides, avec une bonne dose d’ambiance et de liberté, même sur consoles ! et que le FPS n’est pas que pan-pan-ratio K/D.

 

Publié le 6 octobre 2012, dans Archives (Anciens articles), et tagué , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

  1. Voilà…à cause de cet article, je sais qu’il y a un jeu magnifique a priori auquel je ne pourrais jamais jouer, Edge of Twighlight… Merci !

    • C’est vrai que la direction artistique de EoT semblait vraiment bonne (même si il y a souvent un monde entre concept arts et jeu final hein). Quant au jeu en lui-même, le coup des deux réalités qu’ont peut switcher est une bonne trouvaille, permettant de énigmes « zeldaesques ». c’est donc deux fois plus ballot qu’il ne sorte pas.

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