Frozen Synapse, le jeu de tactique où tu meurs beaucoup comme un connard

Frozen synapse. Rien que ce titre me colle des sueurs froides. De longues minutes passées à scruter de petits bonshommes verdâtres, à vérifier les lignes de tir et autres joyeuseries aussi peu avenantes. Et pourtant, malgré son aridité et sa difficulté (faut réellement pas avoir peur de perdre bêtement), j’y reviens fréquemment. Et avec plaisir.

COMME DES ÉCHECS, MAIS AVEC UN FUSIL À POMPE

Frozen Synapse est donc un jeu de stratégie au tour par tour, où l’on contrôle des petits commandos dans des décors générés aléatoirement. Le tout est englobé dans un background vaguement cyberpunk (mais ça pourrait très bien être des orcs et des gobelins ou encore des licornes magiques que ça changerait que dalle) dont le principal avantage est d’offrir un cadre épuré de toute fioritures. Tant mieux, car pour gagner, il faudra faire abstraction de toute distraction.

Concrètement, le jeu se déroule en 2 phases. Dans la première, phase de planification, vous pouvez assigner un ou plusieurs ordres précis (déplacement, tir, couverture d’un angle précis, affût, ….) à l’une vos petites bidasses numériques en conjecturant vaguement ce que fait l’ennemi avec les siens : il y a un système de « last known position » très semblable à celui utilisé dans le dernier Splinter Cell.

Un exemple d’actions planifiées pour un tour : déplacement, tir, grattage du genou, etc… A faire pour chaque bonhomme en plastique vert que votre escouade comporte.

Dans la deuxième phase, celle de résolution, on appuie sur le bouton et l’on voit tout ce petit monde bouger, gagner quelques mètres, tirer sur des silhouettes furtivement aperçues et bien souvent, se faire pourrir via un angle mort imprévu. Chaque tour effectif dure 5 secondes et pas une de plus, 5 secondes stressantes et bien remplies pendant lesquelles on assiste, impuissant, à l’exécution en règle de notre petite escouade.

Ce qu’il faut savoir, c’est que ces 5 secondes ont nécessité parfois jusqu’à 30 à 40 minutes de préparation. Et oui. Frozen Synapse est un jeu qui se déguste comme une partie d’échec, avec de longs moments de torture cérébrale et de spéculation, de choix stratégiques et de coups de pot ultimes.

Dans quelques microsecondes, le petit bonhomme rouge deviendra encore plus rouge.

AU DÉBUT, C’EST NUL ET DIFFICILE, ENSUITE, C’EST GÉNIAL ET DIFFICILE.

Passons outre le solo dont l’intérêt est proche du zéro absolu. Passons également outre le mode multi online dit « Light », où la position des ennemis est révélée à tous, et qui fusille tout intérêt stratégique. Le vrai joueur choisira le « Dark Skirmish », où la position des ennemis est cachée tant que ceux-ci ne sont pas directement visibles par l’un de vos commandos.

Dans le mode multi donc, vous allez vous trouver une petite partie d’un clic sur l’icône qui vous dégottera un adversaire en moins de deux. Ensuite, planification, résolution, planification, résolution, etc… jusqu’à ce que l’une des armées d’un joueurs élimine tous les les soldats de l’autre. Chaque participant planifie sont tour en même temps que l’autre, puis ils se résolvent simultanément.

En ce qui concerne la planification des mouvements, elle se fait à l’aide de la souris et de tous un tas d’icônes d’action que l’on stacke dans la pile d’action de chaque bidasse : se déplacer jusqu’à un point précis, viser vers la porte et s’agenouiller, par exemple. Si le soldat croise un malandrin en route, il fait feu après un temps de réaction variable en fonction de l’arme transportée. « Practice makes perfect » est la maxime qui résume bien le jeu, et si certains sont capables d’estimer convenablement comment se comporteront les ennemis (et les alliés), le bouton qui sert à simuler le tour suivant sera votre plus grand atout.

Si vous avez survécu à la lecture de ce test jusqu’ici, vous vous dites que c’est encore un jeu de stratégie bien pourri que Nood déterre souvent et qui ne conviendra pas à 98% des joueurs du monde connu. c’est pas tout à fait faux, mais en plus du système de jeu et des possibilités stratégiques qu’il offre, les dév ont ajouté une tonne de petits trucs dans l’enrobage qui rendent le tout vraiment plaisant à pratiquer.

  • On peut jouer autant de parties que désiré en simultané.
  • On peut laisser une partie en plan et y revenir ensuite quand un nouveau tour est disponible (le jeu vous avertit par mail, trankil, dans un système très simple à utiliser de parties différées – comme les échecs en ligne en fait) ce qui en fait un des jeux parfaits à pratiquer au boulot (travailler plus pour jouer plus !)
  • La génération aléatoire du décor et l’assortiment tout aussi aléatoire (mais équivalent pour les deux joueurs) des soldats assurent que deux parties ne se ressembleront jamais.
  • Il y a un système d’export youtube des parties qui permet, en un clic, de montrer à l’ensemble de la planète votre belle victoire.
  • Il y a une partie communautaire avec stats de jeu, tout ça, et surtout, de quoi challenger n’importe quel joueur dont vous connaissez le pseudo (c’est ainsi que j’ai eu l’honneur de me prendre une piquette de la part de drloser, webmaster de nofrag.com).
  • La bande-son, même si elle fait dans la techno-coolos un peu kitsch, n’en est pas moins très bien foutue et colle très bien au jeu.
  • Au delà de ça, la victoire ne se gagne qu’aux neurones, et est donc extrêmement gratifiante.

Je ne résiste pas au plaisir de vous montrer une des seules premières victoires, immortalisée via Youtube.

Évidemment, en cherchant sur ce même site de partage de vidéo, on peut en trouver de ses propres défaites, mises en ligne par vos adversaires passées (comme ici, où mes petits bonhsommes rouges se font laminer).

VERDICT

Si vous aimez un tant soit peu les challenges relevés, vous devez absolument tester ce jeu. Si vous ne me croyez pas, croyez l’ensemble de la presse spécialisée qui y a décerné de très élogieuses critiques, pour peu que l’on se mette dans le bain. c’est d’ailleurs ce que permettent Steam et le site officiel du jeu, en vous prposant une démo pour PC et Mac. Le jeu ne se vend qu’en bundle contenant 2 copies du jeu (donc une à filer à votre petite copine, par exemple), ce qui réduit le prix du jeu si l’on s’arrange et vous garantit d’avoir au moins un pote avec qui jouer…

Car j’en arrive à ce qui me semble être le point noir principal de ce titre (hors considérations du style et de difficulté du gameplay.) Depuis la sortie du jeu, les serveurs de celui-ci sont squattés par des joueurs qui ont semble-t-il remplacé une partie de leur encéphale par de la RAM cadencée à 12 000 TeraHertz et sont donc diablement costauds (par contre, les habitués de ce jeu sont des gens d’une politesse infinie). Prévoyez un pote motivé du même niveau que vous car les joueurs lambdas sont devenus vraiment forts.

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Publié le 11 avril 2012, dans Archives (Anciens articles), et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

  1. Jeu qui m’as l’air fort interessant mais qui je pense, par ces looooooooooongues phases de préparation dont tu nous mets en garde, ne conviendras malheureusement pas :(

  2. La prise en main est difficile aussi ! S’il me faut 2h pour me faire au mécaniques de jeu ca va pas le faire lol

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