GAME EXPERIENCE: Fallout : New Vegas, errances dans le Mojave et succession

[Je prends la reléve de nood sur cette game experience (à son invitation bien entendu, restons entre gens bien élevés) il se peut donc que nos avis divergent sur certains points, je m’excuse par avance de ces divergences de son de cloche, ndla]

Comme dans un bon vieux western Nood disparaît dans le wasteland, mystérieux inconnu drapé de cendres. Et comme dans chaque bon film y’a un producteur vénale et horrible qui colle une suite faisandée avec des persos qui n’ont aucun rapport.

Voici donc les aventures de Old Buck, Clarissa Devers et Johanna Lengh dans le Mojave

Old Buck, l'air fin et la gatling à la main

Clarrissa, son stetson, son manteau, sa solitude et son fusil Gauss

Joanna, sa winchester, sa coupe de cheveux ... particuliére et son cyber clébard

Chacun de ses joyeux lurons s’est fait sa petite route, chacun se prenant malheureusement une balle dans la caboche dans un cimetière prêt de Goodsprings (très sûrement une obscure histoire de réalités parallèles). Old Buck trucidant tout ce qui le menaçait, droit dans ses bottes et vieux con avant tout. Clarissa, elle, s’est amusée à entubé quiconque croisait son chemin, se planquant derrière un pauvre toubib recruté en chemin et Johanna elle s’acharne à faire le bien autour d’elle au détriment de sa santé pécuniaire mais en prenant soin de sa coupe de cheveux extravagante.  

Si je mentionne leur parcours c’est pour une bonne raison : les possibilités de New Vegas sont extrêmement vastes et c’est selon moi la grande force du jeu. En effet la plupart des quêtes sont à embranchements. Et quand je dis embranchements on est souvent loin du banal choix gentil/méchant. Déjà cette variété est appréciable pour ce qu’elle offre en replay value, mais s’ajoute à ça une feature des plus sympathique : ce que j’appellerais des embranchements spécifiques.  En effet comme l’a dit Nood avant moi le jeu inclut un système de caractéristique (normal dans un rpg me direz-vous) ainsi qu’un système de perks permettant de personnaliser d’avantage son avatar. Et justement dans les quêtes ces éléments interviennent, si vous possédez une certaine perk ou un certain score dans une caractéristique vous avez la possibilité d’influer sur le cours de la mission d’une façon parfois assez surprenante.  

De même l’écriture du jeu est excellente : chaque élément se répondant de façon cohérente, chaque endroit à son petit train de vie, ses habitants plus ou moins importants. Et chose plus importante les différents lieux se répondent : là où dans pas mal de jeux en open world (Oblivion pour ne citer que lui) les lieux se contentent d’être là et de vivre leur petite vie et de s’en foutre complètement de tout ce qui dépasse de10 mètres le tour de leur baraque. Ici on a des échanges, par exemple tel personnage à Novac connaît un tel autre à Boulder City, tel femme s’est vu agressée par le Tox qui hante les champs de ruine au sud de New Vegas, les snipers du premier de Reco bougeront leur guêtres une fois que la région aura été pacifié vers un autre camp etc … Tout ça contribue à rendre le monde crédible et vivant et accentue clairement l’immersion. S’ajoute à ça un humour assez caustique et parfois un peu trash qui fait plaisir à voir (ne me prenez pas pour un amateur de film de la Troma quand je dis ça, tout est dans le dialogue et servit avec subtilité, rien à voir avec les délires craspeques et idiots façon Lloyd Kaufman) accompagné par un univers mature qui n’hésite pas à vous balancer des trucs pas toujours tendre à la tronche. 

Un bon exemple de ce que les gens font dans le Mojave quand ils se sont levés du pied gauche

 

S’ajoute à ça un système de faction assez bien roulé, en effet les habitants du Mojave se refusent à avancer la main dans la main en chantant quelques bluettes poétiques et mélodieuses et préfèrent se foutre joyeusement sur la gueule. Et dans l’histoire vous risquez fortement de ne pas être neutre, et autant le dire il est quasi impossible de faire ami-ami avec tout le monde (par contre se mettre tout le monde à dos n’est pas si dur que ça notamment si vous draguez de tous les cotés). Chose agréable l’allégeance aux factions se fait à divers échelles, une faction peut autant correspondre à une ville, un groupe d’individus réduits ou à l’état en place. A noter que selon la faction que vous privilégierez vous aurez différentes fins (celles-ci variant encore un peu plus en fonction de ce que vous avez fait au cours de votre partie). Je nuancerais peut être un chouilla par contre ces fins multiples selon les factions, si elles sont certes appréciables mais un tantinet trop facile à avoir par rapport à ce qu’on a pu voir dans un Vampire The Masquerade : Bloodlines  où débloquer les fins étaient franchement hard d’autant plus que rien ne disait comment faire ni si on avait réussi. Mais il s’agit là d’un pinaillage personnel plus qu’autre chose, d’autant plus que la structure des deux jeux n’étant pas franchement comparable un tel système n’aurait pas été applicable.

 Et parce que mine de rien le jeux vidéo c’est pas si con que ça en a l’air (oui nous autres joueurs ne sommes pas une masse de larves grouillantes lobotomisés, contrairement à ce que pas mal pensé) on trouve dans ce Fallout une certaine dose de philosophie, certes ce n’est pas Metal Gear qui insiste lourdement (à tord comme à raison je laisse chacun juge) notamment sur le fonctionnement d’une société et les défauts inévitables que ses mécanismes entrainent, comment les idées survivent à leur créateur (et éventuellement se pervertissent) et sur la réaction à l’anarchie en général (le post-apo étant le lieu parfait pour ce genre de situation). Et bien entendu l’emblématique « War, War never changes » qui résume presque tout. (A noter que si vous le prononcez à haute voix, lisez-le en prenant une voix grave avec un certain accent texan histoire que ça en jette)

Et pour le charme la vidéo d’intro du premier Fallout (à noter que le narrateur n’est autre que Ron Perlman, soit Hellboy au cinéma, le bossu dans Le Nom de La Rose de Jean-Jacques Annaud et Clay Morrow dans Sons of Anarchy sur le petit écran, et ça c’est juste la classe)

Bon ça c’était les louanges, passons là où ça fait mal (voir très mal).

 J’enfonce un clou, un très gros mais bordel … C’EST MOCHE !!! Comme l’a dit Nood, Fallout : New Vegas tourne avec le moteur d’Oblivion et ça se sent, si on évite les gueules pas possible d’Oblivion (je pense que pas mal de gens qui y ont joués ont été choqués par les atrocités que pouvait produire l’éditeur de perso) par contre les animations c’est franchement limite, c’est raide, ça semble animé façon marionnette pour le spectacle de fin d’année de CM1 (à noter que curieusement les animations de pas mal d’attaques de corps à corps sont, à coté de ça, étonnamment bien fignolées). De même les textures sont en général assez dégueulasses vues de prêt et sont en général assez baveuses ce qui est franchement pas sexy ….

 Et comble du comble, il faut le dire, c’est un jeu Obsidian. Loin de moi l’idée de faire du mauvais esprit et de cracher méchamment mais pour avoir expérimenté une bonne partie de leur production, je peux vous le dire : ces mecs ne savent pas coder. Le jeu est instable à souhait et buggé sur pas mal d’aspects, des quêtes qui ne se finissent pas, des PNJs qui disparaissent ou apparaissent de façons anarchiques, des scripts mal activés et autres bizarreries du même genre, et je ne parle pas des freeze, des crashs et autre lags dégueulasses (Dieu merci il existe un patch non officiel qui résout la plupart des problèmes) c’est franchement pas le paradis de la technique ….

 S’ajoute à ça (bon là c’est un énorme point, ultra subjectif qui n’engage que moi) une bande son assez particulière, en effet Fallout nous a toujours habitué à un coté rétro-futuriste mélange de SF à base de pistolaser, robots massifs pas anthropomorphe pour un rond et autres portes à gros verrins et son ambiance post-apo reconstruit par-dessus. Et bien la musique suit cette idée, résultat on se retrouve avec une bande son jazzy, orienté west-coast à base de Nat King Cole, Frank Sinatra, Dean Martin et j’en oublie sûrement. Et franchement, se balader dans le désert peuplé de bandits à moitié tarrés, rencontrer des esclavagistes aux tendances fascisantes, des sectes de goules, des mafieux dealers de drogues, des bestioles mutants et arpenter des vieilles usines et autres centrales décrépites abandonnés avec juste ça de disponible dans la radio incorporé au Pip-boy (en gros votre ordinateur de bord) sans déconner ça le fait pas ….

Le petit mot de la fin

Que dire de ce Fallout : New Vegas ? Qu’on est clairement dans un jeu avec une optique principale : celle de l’écriture. En effet le jeu fait la part belle aux dialogues, aux interactions sociales, aux quêtes tarabiscotées et à l’usage des petites méninges et ne mise pas franchement sur la partie technique. Le qualificatif qui me vient comme ça est old school, c’est certes un peu galvaudé mais l’idée est là, on retourne un peu à l’époque où les jeux étaient en 2D assez quelconque (quoiqu’aujourd’hui on se rend compte que ça a largement mieux vieilli que pas mal de trucs en 3D) (Si vous voulez une preuve jouez à Baldur’s Gate 2 : Shadows of Amm, vous verrez que la plupart des décors sont artistiquement et visuellement encore somptueux pour la plupart, là où un Gothic premier du nom est aujourd’hui techniquement assez dégueulasse) mais dont le contenu n’en était que plus riche et plus dense.

Si vous comptez vous y mettre, ayez ça en tête : c’est un jeu moyen sur son gameplay et sa technique mais excellent dans son écriture avec un coté assez à l’ancienne qui ne plaira pas nécessairement à tout le monde.

Un joli panorama sur le soleil tombant sur Goodsprings pour finir cette chronique sur une jolie note

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Publié le 4 avril 2012, dans Archives (Anciens articles), et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. 4 Commentaires.

  1. GG Arakis ;-) Et bienvenu dans l’équipe !
    Nood aurait d’ailleurs pu te présenter sur le blog, mais il va se rattrapper avec une petite interview ! Hein Nood ?

  2. Toutafé, ah pis il est connu le bonhomme maintenant ! Il est presque chez lui.

  3. Bienvenue ! On a hâte de lire tes posts ^^

  4. Bon boulot, je prends le temps de venir dire bonjour à l’équipe de RetroNextGen, c’est marrant, je suis en ce moment même sur New Vegas (bientôt fini même)

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