GAME EXPERIENCE : Voyage à travers le désert de Fallout : New Vegas.

Cet article fait suite à sa première partie où j’ai traité rapidement de l’histoire de la série Fallout avant de parler de son dernier épisode (New Vegas, donc). Et le moins que l’on puisse dire est que les deux premières heures de jeu ne m’ont que très légèrement emballées : beaucoup de défauts que j’avais déjà regrettés sur Oblivion (jeu avec qui il partage le moteur) et Fallout 3 (jeu dont il n’est qu’un spin-off) y étaient trop présents, notamment les graphismes, l’animation techniquement dépassés et un gameplay un peu raide.  J’ai fini par trouver le courage de m’y replonger et une quinzaine d’heures se sont passées, ce qui prouve quand même que le jeu remplit bien son office : explications tout au long de ce texte que j’ai décidé de nommer …

… LE FABULEUX DESTIN DE NOOD, COINCÉ DANS UN DÉSERT RADIOACTIF ET REMPLI DE MALANDRINS TOUS PLUS VILS LES UNS QUE LES AUTRES 

Car c’est bien ça que le jeu raconte. Mais commençons par le début : je me réveille avec la vision toute trouble, dans un lit que je ne connais pas. Ça pourrait être un lendemain de fête comme les autres, mais non : un docteur me réveille et m’explique qu’on m’a retrouvé à moitié enterré et avec du plomb dans la caboche, apparemment un genre de règlement de compte. Comme je ne suis pas une fillette, je me lève d’un bon et m’étire tout en répondant au questionnaire du gentil médecin moustachu (un rôle très important dans les jeux vidéos que celui du gentil médecin retraité qui n’a rien d’autre à foutre que réparer tous les cadavres ambulants qui passent devant sa porte). Ce questionnaire sert de prétexte au menu de création de personnage car, encore un rôle très important dans le JV, on est bien entendu amnésique. Pas moyen de déballer son CV comme ça. Bref, créons un personnage : il a de la barbe, s’appelle Nood, met des chemises à carreaux, se débrouille bien en maniement des armes à feu, en discrétion et en science. Voilà qui devrait me permettre de me glisser sournoisement dans le dos du jeune délinquant consommateur de cannabis qui m’a tiré dessus et de lui rendre sournoisement la pareille avec fourberie tout en résolvant des polynômes du second degré de manière sournoise (car à cet instant, je n’ai aucune idée de à quoi peut bien servir la compétence science, alors bon, je spécule).

Sans trainer, je m’extirpe de la bicoque de ce médecin pour tomber sur le non moins habituel petit village tranquille qui sert de point de départ à toute bonne aventure : et après un tutoriel un peu long et un peu chiant (SVP monsieur ! aidez nous à tuer ces méchants rats !), les choses sérieuses commencent. une petite fusillade au soleil couchant plus tard (une sombre histoire de gangs), je quitte le petit village de Goodsprings direction… ben direction la petite flèche de la boussole que je suis comme un con.

« sin Π/3 = √3/2 ! » Aucun doute, c’est bien Nood.

A LA RECHERCHE DE LA FLÈCHE DE LA BOUSSOLE PERDUE

Car c’est bien là un des principaux reproches que je vais à FNV : on traverse le désert du Mojave (prononcez « MoRRave » en roulant copieusement le R, ça vous évitera de dire « Mogeave » d’avoir l’air idiot comme moi) sur les traces de celui qui nous a tiré dessus et laissé pour mort. Sauf qu’on met longtemps, longtemps à avoir ne serait-ce qu’une info potable à son sujet : cette première partie de jeu est bâtie sur le schéma très classique du PNJ qui dit « OK, je veux bien t’aider si tu fais ça pour moi », ce « ça » se révélant être une mission longue et périlleuse qui nous éloigne encore plus d’une histoire principale déjà pas très palpitante et remplie des clichés susmentionnés. Heureusement, ensuite, tout s’accélère et se diversifie… mais j’y viendrai le moment venu. Pour l’instant, Nood suit une flèche de boussole qui l’emmène, par delà les reliefs arides du désert, vers un objectif de quête dont il se contrefout.

Une capture d’écran du début du jeu (notez la boussole en bas à gauche). Je sais que je dois rentrer dans ce bâtiment, que je vais déglinguer tout le monde et en ressortir avec une autre flèche de boussole à suivre, mais je ne me rappelle pas pourquoi. PAL-PI-TANT.

Et Dans les canyons du Nevada, Nood va connaitre un nombre important de morts violentes. L’une des factions en présence se nomment eux-mêmes les poudriers et ont le bon goût de coller des mines antipersonnelles partout (même là où apparemment personne ne va). L’autre faction débile n’est autre qu’une incarnation de l’armée romaine, la Légion de Caesar, qui trouve intéressant de brûler un village et de crucifier tous ses habitants (sauf un à qui ils vont péter les deux jambes : des types biens, quoi). Sans parler de factions, vous aurez également à subir les assauts de toxicos du désert qui attaquent sans raison, et des animaux mutants généralement plus gros et avec plus de dents ou de venins que leurs contreparties actuelles. Dernier truc que j’ai adoré : Les petits messages d’aides pendant les écrans de chargement vous indiquent que votre perso peut se désaltérer à divers points d’eau pour regagner quelques malheureux points de vie. Sauf que 98 % de ces points d’eau sont irradiés et vous vous retrouvez donc vite avec le mal des radiations et un perso qui tire la gueule. Heureusement que mon perso a un très bon score en Science, même si je n’ai toujours aucune idée de son utilité en jeu.

Petit aperçu de la faune locale. Que du bonheur.

ALORS, BIEN OU BIEN ?

Et bien pas si mal. Parce que je vous l’avais déjà dit, l’univers et délectable : sombre, mature, crédible. Les multiples décès de mon avatar ne font que servir la narration qui répète (à raison) que le désert du Mojave est une terre dangereuse et que la simple survie n’y est pas assurée. Et si tout comme moi vous ne vous plongez pas corps et âme dans le scénario, vous ne manquerez certainement pas d’apprécier le vrai travail réalisé sur l’écriture et le « liant » qui donne à l’ensemble une saveur toute particulière et pousse à relancer le jeu. ça et le design évoquant tranquillement l’amérique profonde des années 60, avec ses cadillac, ses drive-in et son mobilier présentés ici avec une bonne couche de rouille et de poussière.

Le fait que plusieurs heures de jeu soient passées me font relativiser sur un autre défaut : la raideur du gameplay. Je trouvais en effet que Nood avait des petits problèmes de coordination motrice du style d’une crise d’arthrose généralisée. C’est toujours le cas mais n’oublions pas que :

  • CE JEU N’EST PAS UN FPS. Ce n’est qu’un jeu de rôle que l’on joue en vue subjective. Les combats se jouent sur les caractéristiques du perso (dont le score de science, dont on ignore encore l’utilité), les caractéristiques de l’arme, etc… Et pas sur la manière dont on esquive ou celle dont on se met à couvert. Ne vous attendez pas à un truc nerveux, c’est même plutôt contemplatif.
  • Tant qu’on en est à parler des caractéristiques, Nood level 1 était une merdouille apathique, Nood level 13 manie son .44 magnum avec classe et sournoiserie tout en récitant le théorème de Thalès et sa réciproque. Voilà qui joue beaucoup sur la raideur du gameplay : en clair, mon jugement était faussé par la malédiction du perso niveau 1 qui par définition est une sacrée quiche.

Depuis que mes ennemis trépassent dans d’atroces souffrances, je me sens mieux. Et ça se voit.

Tant qu’on y est, un petit mot sur le game system.

  • Au début du jeu, vous choisissez les 7 caractéristiques de votre perso : force, endurance, charisme, etc. Puis vous faites de même avec les compétences (maniement des différents type d’arme, négociation commerciale, crochetage, tricotage). A chaque kill ou action impliquant vos compétences, vous gagnez des XP.
  • Avec les XP, on gagne des niveaux, chacun d’entre eux permettant d’améliorer les compétences selon votre bon plaisir.
  • Tous les 3 niveaux, vous choisissez une perk (capacité spéciale) parmi une liste qui vous est proposée. Et c’est là que la personnalisation de votre avatar devient intéressante, chaque perk y allant de son petit avantage spécifique. Y en a pour viser mieux avec les armes de poings, pour résister à la radioactivité, y en a même pour se taper des meufs (ou des mecs) à tour de bras (véridique).
  • Les combats se règlent à la régulière (pan pan) où avec utilisation du SVAV. Sous cet acronyme pour le moins barbare se cache un système censé faire le lien avec les anciens RPG Fallout et où l’on passe en pause  en plein combat. La caméra zoome sur un adversaire et l’on choisit les zones que l’on veut viser, chacune ayant son propre pourcentage de  réussite, et chacune coutant également son petit quota de points d’actions. lorsqu’on appuie ensuite sur E (valider), on a ainsi le droit à une petite vidéo montrant Nood vider le barillet de son revolver au ralenti sur l’ennemi, ainsi que l’explosion de l’ennemi en gros plan. Ah, et ça sert à faire des coups critiques, aussi.

Meurs, pourriture de communiste ! (je précise que je n’ai rien contre les communistes).

Sans révolutionner le genre, ce petit système est costaud et permet de tunner tranquillement Nood ou n’importe lequel des personnages incarnés. Et il y a véritablement plusieurs manières de finir chaque mission : tractation avec l’ennemi, marchandage, chantage sexuel (si, si), force brute, infiltration… Donc une bonne rejouabilité.

LE MOT DE LA FIN

Revenons à ce brave Nood, qui après avoir subi les derniers outrages de la part de tous les PNJ du désert de Mojave (aire de jeu qui, au passage, fait une quarantaine de km²), est maintenant bien blindé. Un score de science incroyable, l’oeil vif, une fine gachette… Toujours à la poursuite du mauvais garçon qui l’a abattu, Nood arrive tout fringant vers les faubourgs de New Vegas. C’est un peu la Seine-St-Denis locale, eut égard aux toxicos, aux voyous et aux prostitué(e)s qui peuplent cette zone. Derrière les murs se trouvent New Vegas et ses casinos gardés férocement par des androïdes de combats aussi sympathiques que les agents de sécu de chez Auchan. Tentative de négociation :

PUTAIN ! Un truc qui parle de mon score de sciences !!! Enfin ! (bon, il est pas assez élevé, mais quand même…) Le doute n’est pas permis, c’est là qu’il faut que j’aille.

Rendez-vous donc dans quelques temps pour la suite (et la fin) de ce game experience. Au programme : de la science, des robots, et des factions qui se tapent les uns sur les autres. Sans oublier le verdict final.

Publicités

Publié le 16 novembre 2011, dans Archives (Anciens articles), et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :