Test de Call Of Duty : Modern Warfare 3

Une fois n’étant pas coutume, je cède la main à un excellent ami d’enfance, mais aussi un partenaire de JV de longue date, pour le test de CoD : MW3. D’une part parce que j’exècre cette série pour des raisons que j’exposerai plus bas, et d’autre part parce que lui est un vrai fan hardcore de cette licence (à l’heure où j’écris ces lignes, son compteur steam sur le multi de CoD:MW2 approche les 900 heures). Autant dire que le bonhomme sait de quoi il parle.

Ce que j’ai pensé de MW3 par Leucas :

Que se passe-t-il si jamais vous offrez un beau bonzaï à un branquignol ? Il ne saura pas quoi en faire et le laissera doucement dépérir…

 C’est un peu ce qui s’est passé avec Modern Warfare 3 : on a confié Call of Duty à Sledgehammer Games, et Call of Duty a régressé. Un peu comme quand Activision s’est entêté à céder certains volets de cette fabuleuse saga à Treyarch… Forcément, quand Infinity Ward reprenait les rênes ça allait tout de suite mieux ! Les CoD évoluaient à vue d’œil : CoD 2 d’abord, puis Modern Warfare, rompant avec le scénario lassant de la deuxième guerre mondiale. Et puis il y a eu MW 2, l’ultime, l’apogée de la légende : graphismes ultra-réalistes sans épuiser les ressources du PC, mouvements des personnages bluffants, musique envoûtante, décors et situations variés, autant que les missions… Bon, entre ces deux derniers, Treyarch est revenu avec son régressif World at War, où la seule innovation fut le mode zombi. De même qu’un an plus tard, ce même développeur a voulu nous en mettre plein la vue avec Black Ops ; là, à part un scénario béton et des expressions de visages étonnantes de précision, le jeu était criblé de bugs, les graphismes revenus à WaW, les chargements interminables… Et puis, je ne sais plus trop ce qu’il s’est passé entre Infinity Ward et Activision, mais toujours est-il qu’une bonne partie des employés d’IW (et pas des moindres) ont claqué la porte… Bref. Comme ce sont toujours les meilleurs qui s’en vont, IW n’est plus ce qu’il était. Par conséquent, Activision a dû faire appel à un confrère (soit un certain Sledgehammer Games) pour aider IW à développer le tant attendu Wodern Warfare 3. Mais comme je vous le disais plus haut, ce sont toujours les meilleurs qui s’en vont. Et nous voilà replongés dans une sorte de Black Ops signée IW ! Le monde à l’envers, en somme.

Commençons par la première impression que donne un jeu vidéo : les graphismes (NB : j’ai joué en qualité maximum : résolution, détails, taux de rafraîchissement, etc…). Je serai bref là-dessus car encore une fois, ressortez Black Ops et vous ne serez pas dépaysé : des couleurs mates (même si je reconnais que MW 2 eut la fâcheuse manie de mettre des reflets partout), laissant croire qu’un nuage permanent voile le décor à la profondeur bâclée. Ajoutez à cela un aliasing impossible à ignorer, et retirez les expressions de visages quasi parfaites de Black Ops… Et voilà, vous obtenez les graphismes de MW3. Rien d’impressionnant non plus : je pense notamment à cette mission de combat dans les airs (au début) où vous envoyez valser un hélico droit dans un immeuble… qui reste intact. Pour quelle raison ? Irréalisme volontaire de la part des développeurs ? Paresse ? Manque de moyens (ce qui ne serait d’ailleurs pas surprenant, vu ce que doit Activision à certains ex-membres d’IW…) ? [ndlr : en même temps, Activision a vendu un peu plus de 40 millions de CoD depuis MW1, pour un chiffre d’affaires estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars, donc niveau finances ils ne sont pas à plaindre. Sans oublier que ce même Activision a également porté plainte contre les ex-patrons d’IW pour avoir comploté contre lui et la marque Modern Warfare, demandant des intérêts de l’ordre de 400 millions de dollars. Plus d’infos ici.] Franchement, deux ans après MW2, les cartes graphiques et la qualité du même nom ont eu le temps d’évoluer… pas de reculer !

La jouabilité est, disons, normale. Mis à part que depuis MW2, on ne peut plus se pencher sur les côtés, ce qui était fort pratique. Il semblerait que pour une raison inconnue, IW a décidé d’abandonner définitivement cette manipulation. Sinon, le jeu reste toujours aussi maniable et confortable, quoi que les sprints soient un peu lourds… Par contre, l’IA est pitoyable ! Les soldats ennemis se cachent pendant un moment avant que vous veniez leur tapoter l’épaule, qu’ils se retournent et cherchent en vain qui leur a bien pu leur faire une farce. Ils se jettent sous les balles, le visage figé et il est parfois même difficile de les différencier des copains. Quant au décor, conséquent d’un médiocre scénario de troisième guerre mondiale, il nous replonge dans les vieux CoD : aller du point A au point B sans détours en tirant sur les méchants et en faisant gaffe aux chars. En gros, du champ de bataille apocalyptique tout le long ! On est bien loin de MW2 (la glorieuse), alternant l’infiltration silencieuse d’une base aérienne au sommet d’une falaise en pleine tempête de neige, à la poursuite d’un type sur les toits des favelas de Rio, en passant par un cimetière d’avions, une fusillade terroriste au milieu d’un aéroport, une poursuite en motoneige, l’assaut d’une riche demeure ou encore d’une plate-forme pétrolière…

[ndlr : attention *SPOILER*, le paragraphe suivant révèle (légèrement, hein) des infos sur le scénario de MW3. READ AT YOUR OWN RISK !!]

Enfin, petit « détail » mais tout de même gênant, il semblerait qu’Activision, Sledgehammer ou peut-être la nouvelle équipe d’IW aient une dent contre le personnage de Soap Mac Tavish auquel on s’était pourtant attachés dans les deux premiers volets, allant jusqu’à… le faire mourir ! Mais je ne me prononcerais pas définitivement à ce sujet : c’est le genre de perso qui ne meurt pas, et je serais prêt à parier (pari d’amis, hein) qu’il a survécu à ses blessures et qu’il reviendra, tout frais tout neuf, dans le prochain.

[Fin du spoiler.]

Mais soyons justes et reconnaissons malgré tout quelques points positifs, comme la bande-son. La musique est (parfois) entraînante mais c’est surtout la tonalité des armes qui m’a séduit : elles font enfin du bruit, et même le simple pistolet ne se limite plus au ridicule « pif-pif » ; et pour ce qui est de l’introduction des chargeurs, elle ne fait plus penser à des jouets de plastique ! J’ai vaguement parcouru le multi et ne m’avancerai pas trop là-dessus, sinon que les titres et emblèmes ont l’air variés et bien dessinés ; malheureusement, ayant joué dans plusieurs maps, ce que je craignais m’a été confirmé : des villes dévastées pour la plupart.

En guise de conclusion : une campagne solo dont on attend la fin pour passer à autre chose. Allez, disons 7/20 pour l’ensemble. C’est la première fois que je n’attends pas le prochain CoD avec impatience ! En tant que fan, j’aurais mieux fait de faire une exception et de garder mes sous pour Arkham City…

L’avis de Nood sur la douloureuse question de MW3 :

Chaque année apporte son beaujolais nouveau, son épreuve de philo au bac, ses histoires de dopage pendant le tour de France et, c’est maintenant la tradition, son Call of Duty, série que je ne porte pas dans mon cœur de gamer pour plusieurs raisons. La plus évidente est que le jeu, selon moi, s’apparente plus à une longue cinématique où des méchants terroristes russes parlent avec un accent caricatural alors que les héros américains (car c’est bien connu, toutes les autres nations ne savent pas se défendre) font tout péter pour sauver le monde libre.

Vient ensuite, en deuxième position de l’argumentaire, le fait qu’Activision applique une stratégie commerciale à base de DLC réchauffés à 15 euros et ose vendre tous les ans un jeu dont on nous ressort le même moteur à peine amélioré depuis 4 ans maintenant. Réalisez-le : c’est comme si VALVe faisait payer chaque année une « nouvelle » version de Counter Strike source à 70 € (auxquels s’ajouterait 30 € de DLC), avec très peu de nouveautés à chaque fois.

Troisième et dernier argument : La brièveté de sa campagne solo et son gameplay à base de niveaux en forme de couloirs remplis par des ennemis absolument idiots et de santé qui se régénère toute seule. Alors oui, les CoD sont des jeux maîtrisés, loin d’être les bouses pour lesquelles certains joueurs voudraient les faire passer, mais ne sont pas non plus le messie du JV comme certains fanboys voudraient le penser.

C’est juste une série de jeux markéttée à l’extrême pour qu’il s’en vendent chaque année des palettes entières parce que c’est le jeu à la mode, malgré un minimum d’évolutions tant sur le plan de la technique que du gameplay. Est-il vraiment besoin de claquer plusieurs dizaines d’euros pour ce nouvel opus ? Pas sûr. Certains veulent voir en MW3 l’épisode de trop : la réponse viendra, probablement, l’année prochaine aux mêmes dates.

Encore Merci à Leucas pour m’avoir permis de citer son test.

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Publié le 9 novembre 2011, dans Archives (Anciens articles), et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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